Maha, 7 ans de travail humanitaire avec le SIF en Palestine

Maha travaille depuis sept ans avec le SIF en Palestine. Elle a tenu à partager son témoignage et raconte son quotidien d’employée humanitaire, de mère de famille, de réfugiée et de femme palestinienne dans un contexte très éprouvant.

Quel est votre quotidien en Cisjordanie ?

Etre une femme, mère de famille et employée en Palestine, qui s’occupe de quatre enfants et assume son travail à temps plein est une lourde responsabilité. C’est dur de veiller aux tâches quotidiennes, d’être mère et d’être aussi responsable de la principale source de revenus de ma famille, dans le contexte difficile des Territoires palestiniens occupés.

Mon mari est actuellement sans emploi et si je ne travaillais pas, nous serions à la rue. Nous louons une maison dans un camp de réfugiés à Ramallah et n’avons aucune autre ressource que mon salaire. Ma famille et moi faisons face à beaucoup de difficultés chaque jour. C’est un combat quotidien pour m’occuper de la maison, élever mes enfants, participer à la vie de notre quartier…

Mais je tiens à dire au monde entier combien je suis fière d’être palestinienne, vivant dans un camp de réfugiés, et d’être en même temps employée humanitaire au service de ceux qui sont marginalisés ou dans le besoin.

Quels sont les problèmes principaux auxquels vous et votre famille êtes confrontés ?

Un problème important, non seulement dans le camp où nous vivons à Ramallah mais sur tous les Territoires palestiniens occupés, est l’accès à l’eau. Les coupures d’eau sont fréquentes et durent parfois plusieurs jours.

Autre problème majeur : l’électricité. Les capacités du réseau électrique dans le camp sont insuffisantes par rapport à la population, très dense. Il y a de nombreuses coupures, plusieurs fois par jour, particulièrement en hiver. Si j’utilise deux appareils en même temps (par exemple le chauffage et la machine à laver), le courant saute. Et quand les coupures se prolongent, nous n’avons plus du tout de chauffage. Nous payons pourtant autour de 200 dollars d’électricité par mois en hiver…

Sur le plan sanitaire, il n’y a qu’une seule clinique pour tout le camp, celle mise en place par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, l’UNWRA. Mais en raison de coupes budgétaires drastiques, les services sont limités. Ca peut prendre plusieurs mois pour obtenir des vaccins, par exemple. Il n’y a pas de pédiatre. Et la clinique ne fonctionne qu’en journée, jusqu’à 15h. En cas d’urgence la nuit, il faut aller beaucoup plus loin. Il manque aussi un système approprié de traitement des eaux usées. Le camp est devenu une mare d’eau souillée, ce qui est source de maladies et d’infections, surtout pour les enfants.

Pour mes enfants également, il n’y a aucun parc ou espace de jeux. Les enfants doivent jouer dans la rue, ce qui pose des problèmes de sécurité. Je préfère autant que possible les garder à la maison, quand je ne suis pas au travail.

Enfin, nous vivons aussi dans un état permanent d’insécurité…

 

Face à ces difficultés, en quoi l’aide apportée par le SIF en Palestine est-elle nécessaire et spécifique ?

J’ai rejoint le SIF le 24 octobre 2010, il y a sept ans très exactement. Mais j’ai au total plus de 18 ans d’expérience au sein de diverses ONG locales et internationales. Pour moi, le SIF est différent d’autres organisations. Tout d’abord, nous gardons en permanence à l’esprit l’aspect caritatif de notre travail et avons toujours le souci de fournir la meilleure aide et le meilleur service possibles aux bénéficiaires, même si cela demande deux fois plus de travail et d’efforts de la part de notre équipe. Autre aspect important : nous apportons notre aide aux personnes qui en ont vraiment le plus besoin ou qui sont marginalisées, sans aucune discrimination.

Avant de mettre en place un programme, nous procédons à des évaluations précises pour aider celles et ceux qui sont les plus vulnérables et répondre du mieux possible à leurs besoins essentiels. Enfin, j’apprécie aussi le fait que nous sommes transparents et ouverts quant à notre travail. Tout cela fait une vraie différence sur le terrain. Que ce soit pour aider les orphelins, soutenir les activités économiques de familles ou améliorer l’accès à l’eau, et quelles que soient nos fonctions au sein de l’équipe, nous gardons toujours en tête ces principes. Je suis fière de faire partie de la famille du SIF.

C’était mon rêve de travailler pour une organisation humanitaire et de venir en aide aux Palestiniens dans le besoin, et plus particulièrement aux enfants. En travaillant avec le SIF, j’ai beaucoup appris et je suis beaucoup plus sensible aux problèmes et aux besoins de notre communauté. J’espère vraiment qu’on pourra continuer à atteindre nos objectifs et aider davantage de personnes en Palestine et dans le monde.

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Le Secours Islamique France, en tant qu'ONG humanitaire, est labellisé "Don en confiance"

Le Secours Islamique France (SIF) est membre de plusieurs coalitions dont Coordination Sud, le CRID, France Générosités et le réseau VOICE. Signataire du code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge, le SIF est également labellisé « Don en Confiance ».